vendredi, avril 27, 2007

Vrai ou faux prêtre

(Article par Jean Claude - Photo ayaas) - visitez ayaas' website

Comment peut-on distinguer le vrai du faux prêtre? Je pars d'un fait vécu. J'avais effectué un voyage de tourisme quelque part pour assouvir ma curiosité intellectuelle. J'étais logé dans un modeste hôtel où je partageais une chambre avec un ami. Le soir nous étions au salon de l'hôtel avec d'autres clients pour suivre les infos devant la télévision commune.

Nous fûmes connaissance avec un homme, notre voisin de chambre, qui avait refusé catégoriquement de nous dire sa vraie identité. Il nous a dit: «Je réponds au nom de monsieur X, je suis chercheur» sans une autre explication. Même dans ces propos, rien n'accusait ce qu'il était. Nous le découvrirons le lendemain au cours d'une célébration eucharistique qu'il avait concélébrée. Au sortir de la messe, nous nous posâmes une question: pourquoi cet homme ne s'était-il pas présenté comme prêtre?

L'ayant croisé le soir, nous le saluons tout poliment: bonsoir mon père! Surpris de cette salutation inattendue, il nous rétorque: Qui vous a dit que je suis prêtre? Oubliant que nous avons participé à la messe du matin. C'est après les explications qu'il a enfin accepté son état de vie, tout en nous demandant de l'appeler simplement par son prénom, car nous disait-il, il n'aime pas trop de formules de politesse.

Je me demande pourquoi avait-il refusé de nous dire qu'il était prêtre et refusé qu'il soit désigné par son statut? Faudrait-il revenir à la belle époque d'avant Vatican II pour l'identifier directement? Peut-être aussi qu'il avait des besognes impropres à accomplir, ou encore avait-il une mauvaise presse, se reprochait-il de quelque chose? A-t-il peur d'être traité injustement? Autant de questions me sont passées par la tête. A travers son attitude, puis-je hâtivement conclure qu'il est un faux prêtre ou dois-je le juger à partir de son ministère?

En ma connaissance je sais que la prêtrise n'est pas un métier mais un état de vie. C'est comme un médecin à qui l'on demande de se présenter, il dira spontanément je suis médecin, d'autres fonctions viendraient après. C'est cet état qui fait sa personne. Aussi, je le pense, quand on est prêtre, un serviteur de Dieu de surcroît, on doit en principe être fier de le dire. A supposer qu'il ait un malade qui a besoin d'un prêtre pour la confession, pour l'exhortation ou pour un sacrement. Ce prêtre va-t-il le lui administrer? Acceptera-t-il de le voir mourir au bénéfice de sa réticence?

La sécularisation de l'église et la désacralisation du monde, ont tendance à nous égarer de nos bonnes valeurs (les signes distinctifs pour les religieux). A ce niveau les religieuses sont quittes. Nous devons y réfléchir! Les enfants ont même perdu l'habillement habituel du prêtre. Un enfant qui appelle un religieux habillé en soutane papa (entendez ici père de famille), il ignore que ce sont des prêtres qui s'habillent de la sorte. La faute ne lui revient pas, car il ne voit presque plus les religieux en soutane. Le monde est dans la confusion totale.

Que des prêtres ne voyons-nous pas dans des lieux indignes de leurs rangs? Dans lesaffaires déshonorantes? C'est une interpellation pour les prêtres à une prise de conscience sérieuse. Prêtre, vous êtes un autre christ dans ce monde en mutation des valeurs. Imaginez-vous si Jésus pouvait être là, combien de gens ne chercheront-ils à le rencontrer. Et celui qui le représente, qui agit en son nom pendant l'Eucharistie, se réserve d'être connu! C'est paradoxal. (Jean Claude)

31 commentaires:

Boniface a dit…

Il ne cesse de nous surprendre, ayaas, avec des sujets qui donnent envie de participer au débat. Quel courage du risque en publiant un tel sujet! Il pourra susciter quelques critiques surtout constructives, j'espère. Mais à dire vrai, Jean Claude, je n'arrive pas encore à saisir ton malaise face à ce Mr dont tu parles. Hier jeudi soir, la tv france2 présentait le cas d'un prêtre en France, un curé de paroisse sanctionné par son évêque à cause du concubinage de longue durée. La concubine n'y voit aucun motif de scandale et, paradoxalement, les paroissiens soutiennent leur prêtre et rejettent la décision disciplinaire de leur évêque! Pourrais-tu alors expliciter ce qui semble être un choc pour toi. Je serai heureux d'en savoir un peu plus.

José a dit…

Une autre chose mérite d'être clarifiée avant de me lancer pour un débat fructueux. Il s'agit de situer et de préciser le contexte. De quel type de prêtre s'agit-il, ou mieux de quelle église? Je vis dans un contexte où beaucoup se disent et se font appeler prêtres sans appartenir nécessairement à une même église dite "chrétienne". Le fait de célébrer l'eucharistie ne suffit pas. Merci d'avance.

Fidelia a dit…

Effectivement, Jean Claude devrait préciser le contexte dans lequel il se trouve pour nous aider à réagir à son texte. Je suis religieuse, j'aurais voulu qu'il se rende à l'évidence que toutes les religieuses ne portent pas l'habit religieux ni un signe distinctif. Je me demande si c'est cela qui fait l'être religieux ou l'être sacerdotal! N'y aurait-il pas un autre aspect plus essentiel que les apparences souvent trompeuses? Aussi tenir à l'habit religieux aujourd'hui me paraît-il simplement comme une manie de saper les efforts d'inculturation de la vie consacrée.

Jean Claude a dit…

Mes frères et ma sœur, je vous réponds en même temps. Il s'agit d'un prêtre de l'Eglise catholique romaine à laquelle appartient Benoit XVI. L'histoire est passée au Maroc dans le contexte présent. Le monsieur est réellement prêtre avec toutes ses facultés reconnues par le droit canon, car j'avais par après demandé au curé. Il est africain du centre aux études en France, venu au Maroc pour rencontre son supérieur en mission.
J'avais été dérangé parce que non seulement il refusait de décliner son identité mais aussi ne voulait pas qu'on le sache si bien que nous l'avions su par après. Il avait une réticence sans précédent depuis lors. Je me dis pourquoi cacher quelque chose de noble qu'on porte ???
Moi j'ai une idée trop élevée du prêtre... C'est vrai qu'il pouvait avoir ses raisons, je suis d'accord avec lui. Mais du moment où on l'a su, l'accepter simplement sans trop de contours ne lui coutait rien.
Boniface, quant au prêtre sanctionné, ses fideles et sa concubine ont tort car celui-là a accepté le vœu de chasteté et du célibat, il doit être conséquent et est punissable. Il ne faut pas encourager le mal. Tout mal est à dénoncer et à sanctionner pour une éventuelle réparation.
Fidelia le signe extérieur ne m'a nullement dérangé moins encore sa présence dans un hôtel. Mon problème est le refus de dire qu'on est prêtre et l'accepter illico si bien qu'on l'a su. En parlant des religieuses, je faisais allusion à celles du Congo qui la plupart ont des signes distinctifs. Le costume ne se pose du tout ici.
Au regard de tout ceci peut-on dire qu'il est vrai ou faux prêtre ???????
Jean Claude

Boniface a dit…

Alors je comprends la situation, merci de ta précision, Jean Claude. Toutefois, je me demande si tu dois poser la question en terme de faux ou vrai prêtre. Il s'agit tout simplement de quelqu'un qui reste discret sur son identité pour des raisons qui sont les siennes. Il se pourrait qu'il ait besoin de plus de sécurité personnelle. Franchement je n'y vois aucun vrai motif d'indignation.
J'aimerais te poser la même question concernant le cas du prêtre dont on parle en France. Je ne sais pas si tu l'as suivi aussi, hier dimanche soir, la même chaîne de tv en revenu sur ce cas en montrant des paroissiens en grève contre la décision de l'évêque, l'église était vide car ils ont refusé d'assister à la messe en ce dimanche du bon pasteur. Dis-moi, ce curé aimé et contesté est-il un vrai ou un faux prêtre? Il ne cache pas son identité mais se distingue par sa méconduite: le concubinage depuis 22 ans, s'il te plaît. Je me réjouis du fait que cette affaire arrive pendant que tu nous donnes à réfléchir sur la vie sacerdotale.

Patricia a dit…

C'est une discussion intéressante. Je viens de la découvrir et elle m'intéresse parce que j'ai un cousin au service de Dieu dans l'église catholique. Je l'ai appelé ce matin pour dire qu'il y a un sujet intéressant à lire sur ce blog. Pour aider la profane que je suis à bien comprendre les choses, il serait bon que quelqu'un nous explique en quoi consiste l'identité d'un prêtre et quels sont les critères d'un vrai ou d'un faux prêtre? Ainsi nous pourrions facilement répondre à la préoccupation de Jean Claude. Le cas évoqué par Boniface montre l'ambiguïté du regard de la personne qui approche un prêtre. Au fait pourquoi dirait-on c'est un vrai ou un faux prêtre? Il doit y avoir des critères d'appréciation. C'est cela que je voudrais connaître.

Bienvenu a dit…

Pour ma part, j'apprécies à sa juste valeur la préoccupation de Jean Claude qui nous interpelle tous, prêtre et laic. Le Christ ne dit-il pas celui qui me niera aux yeux des hommes, moi aussi je le nierai au dernier jour... Voila un autre CHRIST qui ose se cacher !!!Je me rappelle d'une messe d'ordination où un évêque disait que les laics sont appelés à aider les prêtres à vivre pleinement leur vocation. je crois que c'est en ce sens que s'inscrit Jean Claude. Cacher son état de prêtre c'est aussi nier le CHRIST qui dans les évangiles demandent aux chrétiens d'être ses témoins même au sacrifice suprême, comme ce fut le cas avec les premiers chrétiens.
Le CHRIST, nous demande d'avoir toujours nos lampes allumées. Lors de son arrestation il s'est lui-même présenté en depit du sort qui l'attendait. Notre monde actuel, caractérisé par le bannissement de la présence de DIEU a bésoin des témoins qui s'affirment et s'acceptent comme l'ont été Jean-Paul II, Mère Téresa, etc...

Quand au cas du prêtre dont parle boniface, il sied de noter qu'il s'était engagé dans une vie de celibat, il n'a qu'à être consequent. les chrétiens sont quelque peu sentimentalistes dans leur réaction. Ce n'est pas seulement les qualités humaines qui font de quelqu'un un bon prêtre mais aussi les qualités évangéliques vecues selon les normes de la tradition de l'Eglise. Nous sommes donc appelés à aider nos prêtres à vivre dignement leur état de vie. Ou on est bon prêtre, ou on ne l'est pas; il n'ya pas de commune mesure. S'il était bon il ne serait pas sanctionné par son évêque. Le prêtre de Jean Claude aussi, devrait aussi se decliner librement, s'il était réellement bon prêtre.

Je conclus ma réaction en vous disant que je suis desolé de vous dire qu'ils sont tous deux de faux prêtres.

David a dit…

Bienvenu, merci de ton commentaire édifiant. En tant que prêtre aussi, je suis d'accord avec ce que tu dis. Nous sommes tous appelés, laïcs comme prêtres, à être la lumière du monde, les témoins du Christ VIVANT à jamais. Toutefois, ta conclusion me paraît un jugement sévère. N'y a-t-il vraiment pas de différence entre les deux cas? Je connais le cas d'un vrai faux prêtre qui n'hésite pas à se présenter comme prêtre et pourtant il ne l'est pas. Les naïfs peuvent continuer à lui faire confiance et à l'entourer des fleurs d'été. Je pense que l'authenticité vaut plus que l'apparence. Il ne suffit pas décliner son identité. Le cas du prêtre de Jean Claude est discutable. J'imagine que Jean Claude est un bon chrétien. J'aurais voulu qu'il dise le conseil prodigué à son prêtre afin de l'aider à grandir dans la foi. C'est aussi cela sa mission baptismale.

Jean Claude a dit…

Je dois réagir encore pour preciser certaines choses. David, il me revenait en tant que chrétien le devoir d'aider ce prêtre par mes conseils. Franchement je ne pouvais le faire à cause de ses distances à mon égard depuis qu'il avait su que j'étais au courant de son état. nous nous demandions si nous étions suspects ou quoi ? Je suis africain comme lui, je me suis présenté catechiste en plus et je l'appelais mon père... Résultat de toutes ces présentations : Méfiance totale. Si j'étais d'une autre foi on comprendrait...Dites-moi que faire devant une telle méfiance ? C'est vrai il pouvait avoir ses propres raisons, mais accepter qu'on est prêtre quand on a su ne demande pas trop tout de même. Il fallait des explications pour qu'il accepte, là en tout cas ça donne à penser. Patricia, je crois que ta préoccupation pourra nous aider à repondre avec précision dans notre echangé: Quels sont les critères d'un vrai ou d'un faux prêtre ? c'est une question qui merite d'être repondu par nos braves prêtres et les canonistes. Nos pères(JBM, David, etc.)et les mieux avisés, nous vous remercions deja pour votre réponse à cette question!
Malheusement pour le prêtre de France sanctionné, je n'ai pas suivi cela, je me réfère à vos écris Boniface. Comme Bienvenu, je suis desolé de vous dire que je le cote mal. Où est finalement le sens du voeux de chastété, faut-il encore le recommander aux religieux ? Quel temoignage pour les fidèles et les jeunes en formation ? Ce qui fait le prêtre à ma connaissance c'est le fait de le dire et de le faire. Il faut dire qu'on est prêtre et le vivre aussi dignement. Les deux sont indissociables. Il faut le dire que les fideles le sachent pour qu'ils se referent à vous. Le christ nous demande de ne pas le renier, de garder nos lampes toujours allumées. Imaginez-vous qu'il ait un cas pastoral. comment pourrait-on recourir à lui (un autre Christ)car il ne se prononce pas ? S'il faut qu'il agisse, on risquerait aussi de douter de lui...Ou consciemment va-t-il agir en prêtre car il ne veut pas qu'on le sache ou continuera toujours à se cacher ?

Maurice a dit…

Je ne sais pas si le prêtre de France auquel on fait allusion est un religieux ou un prêtre séculier. Il paraît que ce sont des religieux qui émettent le voeu de chasteté et non pas les prêtres séculiers ou diocésains qui sont tenus au célibat. Bien sûr je parle de chasteté comme voeu de religion et non comme vertu chrétienne. Jean-Claude, je pense qu'il faudrait plutôt parler de célibat consacré lorsqu'il ne s'agit pas d'un religieux. Je ne suis qu'un étudiant, les experts pourront nous corriger.

Jean Claude a dit…

Maurice, tu as raison de le dire. Les religieux emettenet le voeu de chastété et les sé+culiers promettent le celibat à leur évêque. Celibat ou chastété, le sens demeure le même. Tous, ils sont appelés à une abstinence sexuelle ou mieux à vivre dans la continence. j'ignore l'appartenance religieuse du prêtre Francais dont parle les médias francais, néanmoins il n'est pas exempt par cette mesure. Mais j'imagine qu'il soit un séculier, car il a affaire à un évêque diocesain. Ne reflechissons pas comme un prêtre séculier qui pour justifier ses déviations disait, nous seculiers, faisons une promesse que nous pouvons ou ne pas réaliser. On promet le celibat à un homme (évêque). Il n'est pas non plus exclus à un celibataire d'entretenir des copines. c'est le mariage qui nous est interdit. A-t-il raison ?

ayaas a dit…

Ouf! Quelle causette sur le Net! Le débat avance avec des interventions pertinentes, et l’auteur de l’article se défend bien! Merci JC pour cette réflexion combien provocatrice. J’avoue qu’elle m’interpelle dans mon être et dans ma façon de vivre le don du sacerdoce, car tout est grâce. Ta conception de prêtrise confirme cette précieuse assertion d’Heribert Mülhen: «La plupart des chrétiens s’attendent à ce que leurs prêtres (pasteurs) ne soient pas seulement de bons chrétiens, mais que d’une manière ou d’une autre ils soient plus proches de Dieu". Voici une tentative de réponse à la préoccupation de Patricia relative à l’identité sacerdotale.
Consacré dans la Vérité (cf. Jn 17,11b-19) et envoyé par le Maître dans sa moisson, le prêtre est celui qui a fait l'Expérience de Dieu et se renouvelle sans cesse dans ladite Expérience. Il est témoin de la Résurrection du Christ (cf. Ac. 1,15-26) qu'il annonce avec conviction par ses paroles et ses actes; il est aussi ministre de l'Eucharistie par laquelle il offre le Christ au monde. La qualité de sa prêtrise dépend fondamentalement de la beauté de cette expérience spirituelle, ou mieux de sa fidélité à Celui qui l'a appelé à son service dans l'Eglise pour imiter son exemple et poursuivre sa mission. Aussi sa vocation consiste-t-elle essentiellement à Aimer, à Servir et à Témoigner. Ce qui revient à dire que de par sa vocation, le prêtre est invité à être à la fois l'humanité du Christ et la divinité du Christ, bref un autre Christ. Ne pas faire la synthèse harmonieuse de ces trois verbes (aimer, servir, témoigner), c'est cesser d'être chrétien, voire prêtre. Convaincue de cette exigence charismatique, Madeleine Delbrêl affirme avec force: "Le plus grand cadeau qu'on puisse faire, la plus grande charité qu'on puisse apporter, c'est un prêtre qui soit un vrai prêtre". La consécration sacerdotale exige donc une vie réellement consacrée dans la liberté et l'amour intense en acte et en vérité.
Le prêtre est pourtant un homme, un être pécheur, choisi non pas à cause de ses propres mérites mais par amour de Dieu. Voilà pourquoi, dans ses hauts et bas, il a quotidiennement besoin de la miséricorde divine pour se sentir plus digne au service de l'autel. Il y arrive en comptant non seulement sur ses propres efforts de mortification mais aussi et surtout sur la grâce divine et sur l'aide de ses frères et sœurs. Sans cet appui, il s'installerait facilement dans la médiocrité.
Ainsi, vouloir connaître l'identité du prêtre, c'est se plonger dans le mystère qu'est la vocation sacerdotale. Dans la dimension externe de la réponse de l'homme à l'appel qui vient de Dieu, il est facile de savoir qui est appelé et qui ne l'est pas. Il suffit de se référer aux critères objectifs établis par l'Eglise. L'enseignement de l'Eglise et le Droit canonique nous en diraient davantage. Quant à la dimension interne de la vocation, il n'est pas aisé de distinguer le vrai du faux. Le discernement se contente plutôt de vérifier, entre autres, ce triple fruit de la relation personnelle à Dieu: l'esprit de foi, l'engagement d'amour et l'esprit de la croix à porter. En somme, faut-il rechercher d'autres critères que ceux suggérés par le Christ lui-même? "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu’il me suive" (Mc 8,34). Autant d'éléments qui pourraient inspirer le discernement.
Certes, plusieurs fois j'ai logé dans des hôtels de transit; jamais je ne me suis senti obligé à décliner mon identité que seule la réception pouvait connaître. L'essentiel de ma prêtrise, c'est ce que m'a dit, il y a 17 ans, une dame Italienne au chevet de sa mère malade et elle même atteinte du cancer: "Le jour où tu ne diras pas aux gens que Dieu est Amour, tu cesseras d'être prêtre". Telle est ma vocation, telle est ma mission, telle est aussi mon identité profonde. Or, la mission consiste à "rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel".

Anonyme a dit…

Je suis seminariste en RDC. C'est par un collegue de classe que j'ai connu cet espace de discussion. Merci ayaas. Je n'ai pas la pretention de juger le pretre de Jean Claude, car le jugement appartient à celui qui nous appelle. Mais il merite par ailleurs quelques reprimandes. Si Jean Cl n'avait pas su, là c'est autrement, dès lors on connait ce qu'il est pourquoi la reticence à l'egard de son frère, fils de l'eglise en plus ? c'est là ou ca cloche! Je suis clair, je le blame car il accepte avec hesitation qu'il est pretre si bien qu'on le connait deja. Le fait de ne pas le dire ne me derange pas du tout. Je partage en tout cas la même inquietude que l'auteur de cet article. A ayaas, certes le pretre doit aimer, servir et temoigner. Moi, je pense que aimer implique non seulemnt Jesus et son Eglise mais aussi tous ceux qui renferment la pretrise: aimer d'etre connu et d'être appelé pere, temoigner de jesus et temoigner de son identite de pretre partout en acte, en parole et en pensée. servir bien sur son eglise et ses fils. Je me dis que ce pretre ne mesure pas la noblesse de l'identité qu'il porte. Un formateur nous a dit, il est plus facile de devenir president de la république plu tot que Prêtre. moi j'ajoute le pouvoir sacerdotal est 100 fois meilleur que le pouvoir temporel. Avec la pretrise il faut que vous y soyez appelés par Dieu cfr He1,1s Ce pretre là ne sais pas valoriser la grace recue par pure bonté et gratuite de la part du seigneur, s'il pouvait imaginer combien il est convoité, envié...Ayaas et aux autres religieux (ses) qui frequentent cet espace. Je vous pose une question à la quelle je m'attends à une réponse pour que tous nous puiisions apprécier ce pretre: Pouvez-vous me dire s'il vous est deja arrivé en tant que pretre, religieux ou religieuse de nier ou d'accepter difficilement votre statut, après qu'on l'ait su d'une autre facon ? c'est là où je suis mecontent de ce pretre. Je serai heureux de lire vos réactions.

ayaas a dit…

Je m'empresse de répondre à ce commentaire anonyme en dépit de mon malaise. Peut-être convient-il que chaque intervenant s'identifie, en cochant l'option "Autre" de la page d'enregistrement des commentaires. Ce choix permet d'insérer son nom ou son pseudo tout en respectant la liberté de chacun. Ainsi nous pourrions nous adresser plus directement à chacun.
Merci de ta participation à cette discussion. J'apprécie ta prudence en n'osant pas juger le prêtre de JC. Pourtant ce dernier aimerait savoir si celui qu'il a rencontré est un faux ou un vrai prêtre! Je n'oserais pas non plus me prononcer explicitement parce que les motivations d'une telle attitude m'échappent. Voilà pourquoi j'ai préféré m'arrêter à l'identité du prêtre. Elle consiste essentiellement à aimer Dieu et le prochain. Tout à fait d'accord avec toi. Cependant, certaines de tes affirmations me paraissent gratuites. Rien ne prouve que "ce prêtre ne mesure pas la noblesse de l'identité qu'il porte". En outre, je ne suis pas très sûr que le prêtre est "convoité, envié", comme tu le dis aisément. Même dans ton propre contexte, je ne dirais pas qu'il est envié de tous. Il ne serait pas juste d'insinuer que le prêtre est un superbaptisé. Il ne serait pas correct non plus de comparer la prêtrise avec un autre choix de vie, en l'occurrence le mariage. Le sacerdoce est une autre vocation.
Quant à savoir s'il nous (prêtres, religieux) arrive de nier ou d'accepter difficilement notre statut, ceux qui le voudront, pourront librement partager leurs expériences personnelles. Exagération à part, il me semble que cet espace n'est pas réservé aux confessions de ce genre. Il est plutôt un lieu qui permet de donner rapidement son avis, d'échanger des idées avec d'autres internautes sur un sujet précis. Ton appréciation du cas exposé ne devrait pas dépendre de mon expérience personnelle. J'espère avoir bien compris la quintessence de ton commentaire.

Roger a dit…

Je viens de découvrir ce site par le canal d'une amie. Cela m'a paru très intéressant, c'est ainsi que je m’en presse pour y réagir. Le vrai et le faux prêtre. Nous ne pouvons pas juger le prêtre de Jclaude simplement par l’effet qu’il n’a pas voulu donner son identité. Peut –être il faudrait savoir les raisons qui l’a poussé à réagir ainsi. Dit-on le cœur a ses raisons…
Merci à Ayaas qui nous ouvre à une réflexion si intéressante et pertinente.

Saint Luc a dit…

Ayaas, je comprends bien que vous êtes pretre. Si je n'ai pas mis mon nom simplement parce que je ne maitrise pas encore ce site. Je m'appelle Luc, les amis sont habitués à m'appeler St Luc, je ne sais pas trop pourquoi ? Mon père, je suis convaincu que le prêtre est convoité et envié en vertu de la mission noble qui lui revient. Ce n'est pas gratuit. Je vois l'estime et la consideration que ma famille et mes freres du quartier m'entourent...Mon propre frere est ingenieur, il est bien assis dans la vie, mais il n'a pas pour autant le même respect que moi, un pauvre serviteur de Yahvé. Il suffit que je debarque dans une famille pour voir les reverences... Ce n'est pas un motif d'orgueil. C'est la noblesse de ma vocation qui l'oblige. Mon oncle fut un seminariste de Kabwe a toujours regretté son renvoi et ne fait que me soutenir dans ma vocation. Il me dit une famille sans pretre est une famille malheureuse. Nous ne sommes pas super par rapport aux autres, mais je crois que moi comme seminariste je suis envié. Ce n'est pas pour s'engoufler dans l'orgueil mais pour nous aider à prendre conscience de la noble mission qui nous revient. Je n'accuse personne en tout cas, mais si j'ai posé la question aux religieu(x), c'est pour mesurer combien ce prêtre a blessé un fils de l'eglise. Et que cette attitude est certes reprochable à mon avis. Aucune intention en sort en dehors de celle-ci. N'oubliez pas aussi que votre experience personnelle peut aussi être edifiante pour nous autres qui aspirons à la pretrise. Mon pere c'est un echange fraternel et eklesial, je le pense bien. Loin de moi l'idée de deranger qui que ce soit. C'est une provocation simplement... Comprenez que je suis philosophe.

Patricia a dit…

Franchement, je m’impatientais déjà, dans l’attente d’une réaction éclairante. Puis-je te remercier ayaas. Je viens d’apprendre quelque chose en lisant tes deux commentaires. Pourrai-je avoir un chat avec toi pour approfondir certains aspects de tes commentaires. Le mieux pour moi serait le soir, heure d’Afrique de l’Ouest. J’imagine que tu n’as pas assez de temps libre mais je voudrais partager quelque chose qui est né à partir du contact avec ton blog. Je pense que tu as parfaitement raison en affirmant ce qui retient le plus mon attention:
- «Aussi sa vocation consiste-t-elle essentiellement à Aimer, à Servir et à Témoigner. Ce qui revient à dire que de par sa vocation, le prêtre est invité à être à la fois l'humanité du Christ et la divinité du Christ, bref un autre Christ.» - "Le jour où tu ne diras pas aux gens que Dieu est Amour, tu cesseras d'être prêtre". - «Il ne serait pas juste d'insinuer que le prêtre est un superbaptisé… Le sacerdoce est une autre vocation.»
C’est beau!

Caro a dit…

Quelle histoire si intéressante? Je vous suis de près. Je me force de lire les commentaires presque tous les jours. Je vous encourage.

Billy a dit…

Je voudrais donner aussi ma contribution à ce partage.
Pour moi, je n'oserai pas parler de vrai ou faux prêtre parce qu'il y a une dimension qui nous échapperas toujours concernant les motivations. Et puis, parler de vrai ou faux implique un aspect de permanence (il ne peut pas être vrai aujourd'hui pour changer quelques jours après). Je dirai plustôt que c'est un prêtre qui a failli à une dimension de sa vocation au sacerdoce. Il en est de même pour le prêtre en France dont on a évoqué.
Un autre élément que je voulais souligner est celui-ci: décider qu'il soit vrai ou faux, c'est aussi passer sous silence la dimension changeant de l'être humain (dans le bon comme le mauvais). Je suis d'accord que sur l'attitude ce prêtre soit condamnable. Pour moi, j'estime que son identité de prêtre, il le porte partout où il est. Et comme l'a dit Ayaas, il reste un homme. Donc, dans ce qu'il fait de bien ou de moins bien, il le fait avec cette identité.
Vu sous cet angle, je pense qu'il en va de même pour le religieux, les mariés,... On porte et témoigne de sa vocation dans le meilleur comme dans le pire.

Christian a dit…

Moi, en tant que religieux, ce sujet m'interpelle au plus profond de moi-même. Il nous invite donc à être conscient de notre identité, en tant que prêtre. Par tout ce que nous sommes, nous sommes invités à témoigner le Christ. Les paroles seules ne suffisent pas; mais aussi par notre agir...
Jean Claude, j'admire bien ton courage qui est devenu pour nous, prêtre, un objet de réflexion et de remise en question, face à notre identité.

Bienvenu a dit…

D'aucuns ont estimé que ma conclusion parait un jugement trop sévère. Nous disons chez les jeunes de lumières que le CHRIST est notre modèle. Il nous demande d'être chaud ou froid mais pas tiède. Billy y est revenu quand il dit on doit porter témoignage de sa vocation dans le meilleur comme dans le pire. Ayaas pense pour sa part que le prêtre doit être fidèle " ... à Celui qui l'a appelé à son service dans l'Eglise pour imiter son exemple et poursuivre sa mission." c'est clairement dit. Ceci implique le témoignage et l'acceptation de son état partout. Le contraire n'est pas du CHRIST mais du faux. Je suis sidéré quant au prêtre de JC qui ne veut pas décliner son identité après la célébration eucharistique !!
Quant au prêtre français, Benoit XVI, a insisté sur le caractère obligatoire du célibat des prêtres, pour répondre à l'actuelle discussion sur le mariage des prêtres en dépit du manque des vocations en Europe précisément. Quel témoignage pour les formés et les aspirants à la vie sacerdotale. Je connais un jeune français qui aujourd'hui a 22 ans, il aspirait à la prêtrise, y a renoncé quand il a suivi à la télé le scandale des prêtres pédophiles et mariés. La bible ne dit-t-elle pas que l'un des vous se garde de perdre les brebis que je vous ai confiées.
Se situant derrière Benoit XVI et JC, nous regrettons et blâmons en même temps cette erreur qui veut se normalisée sous la blancheur de la chasuble. Par ailleurs, ces petites maladresses que nous dénonçons sont aussi à la base des départs de nos fidèles dans les Eglises dites de réveil. A nous qui sommes restés dans l'Eglise, il nous revient en tant que baptisés d'avoir le courage d'aider nos pasteurs à se réaliser pleinement dans leur vocation. C'est cela aussi notre mission baptismale.

Pauline a dit…

Mère de famille, je suis chrétienne en charge de la pastorale des vocations dans notre paroisse. A ce titre, je suis proche collaboratrice de notre curé, et la vie des prêtres m’intéresse. C’est pour cela que je suis attentivement et discrètement cette discussion. Incompétente en la matière, je me permets quand même d’intervenir tout simplement pour dire à Saint Luc que son denier commentaire en réponse à Ayaas me fait tiquer.
«Il suffit que je débarque dans une famille pour voir les révérences. Ce n'est pas un motif d'orgueil. C'est la noblesse de ma vocation qui l'oblige», dit-il. Je me demande si la noblesse sacerdotale consiste à recevoir la vaine gloire de ce monde! Jésus lui-même n’a-t-il pas reconnu que nul n’est prophète chez lui? N’a-t-il pas dit que le disciple sera détesté même par sa propre famille à cause de son nom? Que deviendra Saint Luc le jour où sa famille et ses proches ne l’accueilleront plus chaleureusement? Et que dit-t-il de ces nombreux prêtres, religieux ou religieuses, haïs et détestés par leurs familles à cause de leur oui au Seigneur?
En outre, peut-on accepter qu’une «famille sans prêtre est une famille malheureuse»? Je pense qu’épouser une telle idée est une façon manifeste d’oublier que la vocation est un don, une initiative de Dieu, et Dieu donne à qui il veut. Personnellement, je laisse la liberté à mes enfants de choisir leur futur. Je n’en suis pas malheureuse. Pourtant j’ai du respect envers les prêtres parce qu’ils ont la charge de ma vie spirituelle. Il ne s’agit pas d’envier la vocation de qui que ce soit, mais de la respecter et de l’aider à se réaliser. Le prêtre n’est prêtre que parce qu’il est sorti d’une famille humaine. Dans ce sens, le mariage est aussi une noble vocation, j’en suis fière.
Ma conviction est que la noblesse du sacerdoce dépend de l’authenticité de ses motivations. Je connais un jeune qui est allé au séminaire parce que son père catéchiste tenait à avoir un prêtre dans sa famille. Pendant toute sa formation, ce jeune savait que sa vocation était un moyen de faire plaisir à son père. Le jour de la mort de ce dernier, c’était aussi la fin de la vocation du fils! L’attitude du prêtre dont nous parle Jean Claude ne pourrait-elle pas s’expliquer par ce manque de motivations authentiques? Et j’avoue qu’il n’est pas facile d’aider les jeunes d’aujourd’hui à clarifier les motivations de leur vocation.

Caro a dit…

Jean Claude, je suis très heureuse que tu aies abordé ce thème si intéressant concernant nos prêtres. Je ne veux pas m'attarder sur la partie superficielle de ton texte: hôtel, habit… Je voudrais plutôt parler de l'identité du prêtre qui refuse d'accepter son ministère après ton interpellation. C'est un peu triste mais hélas! Je me réserve de dire que c'est un faux prêtre. Néanmoins je soutiens la pensée de Bienvenu et d’ayaas qui nous rappelle la mission primordiale du prêtre: être témoin du Christ, annoncer à ses frères et sœurs que Dieu est Amour.
En effet, un prêtre doit être fier et heureux de son ministère. Il doit témoigner et annoncer le Christ à tout moment et à chaque circonstance. Le Christ dit: "si vous me reniez devant les hommes moi aussi je vous renierai devant mon père". En se conformant à la grandeur de cette vocation qui rend le Christ présent dans le mystère de l'Eucharistie, le prêtre devrait être heureux de se présenter comme un autre Christ vivant. Car il mérite la grande confiance du Christ. Je me demande pourquoi le prête de Jean Claude a t- il eu une telle résistance ou refus de se déclarer comme serviteur de Dieu.
Quant au cas récent de France2 évoqué par Boniface, je pense que nous ne pouvons pas socialiser les péchés en considérant ce qui est mal comme un bien et vice versa. Les chrétiens refusent la messe par réaction à la décision de l’évêque! Chacun est libre devant les deux modèles que le monde présente: le bon et le mauvais. Si tu veux te sauver, suis l'exemple du Christ. A mon avis, le prêtre de France n'a pas su son ministère et il a manqué la liberté d’opérer un choix de vie responsable: le célibat ou le mariage. Il ferait mieux quitter le sacerdoce et former un bon foyer avec sa concubine au lieu de faire semblant de vivre la chasteté ou le célibat consacré.

Modeste a dit…

Un sujet intéressant en même temps un défi lancé par notre ami Jean Claude. Avant tout, je me réjouis d’une chose, c’est la confiance que JC a à l’endroit des prêtres. Je partage le même avis que lui sur l’identité du prêtre qui ne doit pas être cachée. Mais je pense que nous devons bien nous entendre à ce niveau, de quelle identité s’agit-il? Du témoignage de vie ou des signes distinctifs et titres?
JC se rappellera de la vieille maxime qui dit: “L’habit ne fait pas le moine”, bien qu’on reconnaît le moine par son habit. Beaucoup de faux prêtres circulent aujourd’hui. Dans la plupart de cas, ces faux prêtres apparaissent avec autant de signes distinctifs et connaissent par cœur tout le rituel de la messe. Est-ce cela qui fait d’eux des prêtres? Certainement pas. Un homme peut multiplier autant de chemises clergyman, autant de croisettes au cou, porter même des chasubles, comme le font certains musiciens, mais ce n’est pas cela qui fera de lui un prêtre, s’il n’a jamais été ordonné selon les normes de l’Eglise Catholique Romaine. Je suis donc d’accord avec JC sur le signe distinctif que nous, prêtres, devons porter pour nous distinguer des autres, mais je considère que cela ne devra pas être le focus. Le témoignage de vie digne vaut mieux que tout.
Concernant le prêtre rencontré au Maroc, je pense que, comme tout bon chrétien, JC a le droit de s’étonner et d’interpeller son prêtre. Mais il serait mieux de l’écouter avant de le juger. Qui sait s’il a des raisons qui le poussent à cacher son identité? Je ne sais pas si JC a déjà vu le film ¨Sa sainteté a disparu¨. Un très bon film qui peut nous aider dans ce débat fructueux.
Autre chose, JC parle d’hôtel comme leur lieu de rencontre avec le prêtre. En même temps il parle de lieux que les prêtres ne peuvent pas fréquenter. Il ne faut pas qu’il oublie que dans la mentalité de beaucoup de gens, surtout en Afrique, l’hôtel a une mauvaise connotation. Je me demande si JC préférerait que le pauvre prêtre dorme dans la rue avec ses signes distinctifs ou qu’il cache son identité pour une raison noble, par exemple dans un contexte où voir un prêtre serait un scandale.
Merci Jean Claude pour le thème combien interpellant que tu as initié. Il permet aux prêtres que nous sommes de comprendre le défi qui est nôtre, mais en même temps il nous permet de vous aider, vous chrétiens sur l’entendement de beaucoup de choses. Pour vous nous sommes prêtres, avec vous nous sommes chrétiens.

Jean Claude a dit…

Quelle grâce et bénédiction pour les fideles d'avoir un bon prêtre! Nulle part dans mon article ou dans mes commentaires, je traite ce monsieur de faux prêtre, mais je lance la réflexion à la portée des internautes, si on peut le traiter de faux ou de vrai prêtre en vertu de son refus d'accepter librement qu'il est prêtre.
Certains se réservent de le juger, d'autres exigent les critères relatifs à la prêtrise, et d'autres encore pensent que ce qui compte pour un prêtre c'est de dire aux hommes que Dieu les aime sinon il cesse de l'être, ou encore il faut aimer, servir et témoigner.
Certes, vous avez tous raison d'une manière ou d'une autre. Ayaas nous fait remarquer que: «le prêtre est témoin du Christ, un autre Christ, il est consacré dans la vérité, il imite le Christ et poursuit sa mission." Comment être un autre Christ si on n'est pas dans la vérité? A aucun passage de la Bible nous voyons le Christ cacher son identité de sauveur ou se méfier de ses contemporains et les repousser (cf. Mt 19, 13-15; 21, 29-34). Bien au contraire, il en profitait pour rendre présent le règne de Dieu. La vérité n'est pas qu’annoncer, elle doit se vivre de façon inconditionnelle.
Tel est aussi le témoignage que doit porter un prêtre. Comment prétendre poursuivre la mission du Maître si on se cache? Rappelez-vous le sort de Pierre quand il a renié le Seigneur... Mon prêtre a manqué de courage et de vérité.
Je suis heureux de constater que plus d'une personne ont compris mon souci et j'épouse parfaitement le dernier commentaire de Caro qui prodigue des conseils aux deux prêtres concernés. Il faut prêcher en parole et en acte.
Prions et encourageons toujours nos pasteurs car sans la grâce du seigneur, personne ne peut être digne d'être appelé prêtre.

Saint Luc a dit…

Je vous remercie chers intervenants pour vos commentaires édifiants. Il est tout à fait normal que mon dernier propos ait suscité des questionnements pour beaucoup. Je pense qu'il y a ce malentendu car nous ne nous situons pas dans le même registre.
D'abord ma vocation à la prêtrise ne trouve pas sa justification dans les accueils en famille, dans les considérations, etc. J'ai entendu l'appel du Seigneur au fond de moi et je me suis mis dans son école pour le servir toute ma vie. La motivation majeure de mon appel est de SERVIR Dieu dans son église ainsi que mes frères par un témoignage de vie digne. Tous les respects dont je suis l'objet ne sont venus qu'après s'être déjà dans l'aventure, mon oncle a su que j'étais au Gd séminaire bien plus tard.
Toutes ces chaleurs ne sont pas aussi à négliger. Ca me permet de réaliser combien les gens comptent sur moi, et que je dois me comporter dignement dans la vie que j'ai choisie librement. Sincèrement, toutes ces attentions constituent pour moi une grande interpellation à une vie sérieuse de séminariste. Je prie que Dieu m'aide dans ma vocation pour que son appel s’approfondisse en moi et que la confiance qu'on place en moi ne se démérite pas.
Au regard de tout cela j'avoue que j'aspire à une vocation noble qui n'est pas en tout cas supérieure à une autre. S'il m'arrivait aujourd'hui de changer personnellement d'option ou encore l'esprit a soufflé autrement aux formateurs, on ne m'accueille plus avec chaleur par mes amis, je vous assure Pauline, j'accepterai cette décision comme une volonté du Seigneur. Je vais m'épanouir ailleurs. La vie est ainsi faite, il y a le haut et le bas. L'essentiel est de rester bon chrétien et d'être heureux là où on va.
Famille sans prêtre est une famille malheureuse, n'est qu'une citation parmi tant d’autres relevant la conviction de mon oncle pour le sacerdoce, à laquelle je ne pourrais pas trop justifier. Peut-être le dit-il pour m'encourager? Je me dis aussi est-ce que notre famille manque cette joie car nous n'avons pas encore de prêtre? Veut-il se racheter derrière moi ?????????? Il porte seul la responsabilité de ses propos. Je lui demanderai les mobiles d'une telle affirmation. Je vous en parlerai à une autre occasion. Donc, je ne minimise pas le mariage ou d'autres vocations, néanmoins je ne fais qu’exalter la prêtrise, car c'est elle que j'aime. Pour ma part, je sens que je serai plus heureux et plus à l’aise en étant prêtre que quelqu'un d'autre.
A vous tous merci pour vos inquiétudes qui nous aident à clarifier nos motivations du départ, à JC grand merci de nous avoir donné à réfléchir sur l’identité du prêtre et à ayaas toute ma gratitude pour cet espace combien enrichissant et édifiant. Prions les uns pour les autres, afin que le Seigneur nous aide à le servir en toute vérité et fidélité.

Pauline a dit…

Je suis très heureuse de cette mise au point de la part de Saint Luc. Cela clarifie beaucoup de choses dans ma tête. Il ne serait pas bon de créer la confusion chez les âmes à la foi simple. Merci donc pour la clarification.
Ayaas, pourrais-tu réagir au dernier commentaire de Patricia, s’il te plaît. Je partage le même désir.

ayaas a dit…

Il parait que poser un acte, c’est engager l’humanité. T’en rends-tu compte JC? Merci de ton dernier commentaire. Le débat devient de plus en plus intéressant et scientifique mais hélas! Ne néglige pas le temps réservé à tes études. C’est cela ta première mission actuellement. Voici la réaction d’un internaute exégète ou bibliste, qui a préféré me faire parvenir son observation par email. Tu n’es pas obligé à lui répondre.

« Félicitations pour ton blog, qui suscite de beaux échanges. J'ai lu avec intérêt le débat sur «Vrai et faux prêtre». À propos des références scripturaires dans la dernière intervention de Jean Claude, hier le 5 mai, voici ma réaction:
- Les références qu'il donne à deux textes de Matthieu ne m'apparaissent pas probantes pour sa «thèse» que Jésus ne cache pas son identité de sauveur.
- «À aucun passage de la Bible nous voyons le Christ cacher son identité de sauveur»? Que fait-il du «secret messianique» dans les Évangile synoptiques, en particulier celui de Marc? Jésus n'a pas nié qu'il était le Messie, mais il a souvent demandé de n'en pas parler car il pouvait être mal compris (dans l'Évangile de Marc, voir, en particulier: 1,34; 1,44; 3,11-12; 5,43; 7,36; 8,30; 9,9). »

Jean Claude a dit…

Merci ayaas pour le rappel, je n'oublie pas ma mission d'étudiant sinon on me traiterait de faux étudiant. Aussi, chers internautes ne perdons pas de vue que notre débat porte sur le vrai ou faux prêtre, d'établir les vrais critères y afférant. Chacun dans son domaine peut nous renseigner. Pourquoi pas aussi les biblistes?
A ma connaissance, le secret messianique consiste à préserver ses concitoyens des mésinterprétations de sa personne que l'on ne peut vraiment comprendre qu'à partir de sa mort et de sa résurrection. Jésus n'a jamais nié son identité. Là on est d'accord. Il n'a pas non plus renvoyé ceux qui l'ont découvert. C’est plutôt les apôtres qui avaient cette tendance, on connait la réponse de Jésus à cet épisode avec les enfants... Cependant il mettait par moment les guéris, les sauvés en garde. Comparativement à mon prêtre, les choses se présentent différemment. Avec Jésus on note trois moments forts dans sa démarche messianique: acceptation, guérison et mise en garde pour éviter les incompréhensions. Avec ce prêtre un seul moment laisse à désirer: refus d'accepter librement qu'on est prêtre.
Ce prêtre doit suivre l'exemple du Christ qui disait que les gens viennent d'abord... (Mt 19, 14) Voila pourquoi j'ai cité l'accueille des enfants. Pour notre prêtre il ne faut même pas qu'on le connaisse comme pasteur. C'est deux cas différents à mon avis. Si j'ai bien compris, le secret messianique ne consiste pas à cacher simplement l'identité du maître, mais à ne pas publier ses prodiges. Les deux aveugles de Jéricho ont reconnu le Maître, le sauveur, celui-ci l'a admis incontestablement devant la foule et il les a guéris. (Mt 20, 29-34) celui-là en revanche a eu des réserves, des réticences... Jésus disait courageusement la vérité et n'avait absolument pas peur des hommes (Mt 23, 1-33; Jn 8, 13), il a donc gagné le respect même de certains de ses adversaires. (Mc 12,13-16)

Georges Toussaint a dit…

Triste de voir ces réactions. De fait chez beaucoup de prêtres, il y a une crise d'identité.
Merci pour ce bon travail que vous faites en Internet. Avez-vous pensé au format "Forum"? C'est plus interactif.

coeurtendre a dit…

Comment peut-on distinguer le vrai du faux prêtre? Bonjour Jean-Claude ainsi que tout les forumeurs(euses), Dieu soit votre Joie comme votre joie est en Dieu. J'ai trouvé votre blog en faisant des recherches, à savoir comment le prêtre doit-il se présenter sur des blogs ou tout autre forum internet.

Je me présente moi-même avant d'entrer dans le sérieux de votre sujet en vous faisant part de ma préoccupation qui est la vôtre, et sûrement celle de plusieurs autres internautes. Je suis un laïc qui a vécu et travaillé pendant 25 années avec des religieux et des prêtres et je comprends en profondeur votre intervention. Je suis un homme marié et je demeure au Canada dans la ville de Trois-Rivières. Mes dernières années de travail en paroisse, je l'ai quitté à cause du décès de notre très bon curé qui n'avait pas peur de s'afficher comme prêtre catholique.

Un de mes amis prêtres s'est déjà trouvé dans une drôle de situation concernant la fausse identité d'une personne qui, en début de carême, a fait un appel téléphonique au presbytère afin d'offrir ses services comme conférencier pour la semaine Sainte. Il se présente au curé disant qu'il était le Père Jacques. Sur le coup de l'appel, le curé étant pressé par une réunion de paroisse dans son diocèse n'a pas eu l'idée de lui demander s'il était prêtre séculier ou d'une communauté religieuse. Mais le curé se disait en lui-même : je vais vérifier quand je le verrai ; mais de par sa présentation et son approche sur différents sujets des ses conférences, le curé était plus que convaincu qu'il avait affaire à un vrai prêtre.

Quand vint le moment de la rencontre, il sonne au presbytère en se présentant comme le Père Jacques. Le curé lui demande quel évêque l'a ordonné et l'homme attrappe le fou-rire au point que le curé en était inquiet. Le curé lui demande la raison d'un tel fou-rire et il finit par dire au curé qu'il est simple père de famille. Sur le coup le curé avait une boule dans la gorge mais il dit au père de famille qu'il n'appréciait pas trop son approche et qu'il serait préférable qu'il la change, sinon il risquait de se mettre à dos les autorités dont dépendent les prêtres qu'il approche pour faire la présentation de ses conférences en paroisse. Le curé a passé une bonne partie de la journée en dialogue avec cet homme.

Il a été chanceux de tomber sur un bon prêtre qui faisait beaucoup de place aux laïcs dans sa paroisse. Le laïc a donc donné ses conférences pendant la semaine Sainte en présence du curé. Vous comprendrez que je suis 100% d'accord avec vous pour l'identification des prêtres quand ils s'offrent à célébrer ou concélébrer la Sainte messe en dehors de leur diocèse, en donnant les informations requises exigées par chaque diocèse dans le monde qui représente notre Église de Rome.

J'ai eu un long dialogue avec un de mes amis prêtres de la communauté des frères de Saint-Jean- de- Dieu, sur la question de la présentation du prêtre sur internet et il m'a expliqué que cela devrait être la même forme de présentation comme quand un prêtre se déplace d'un diocèse à l'autre. La seule différence, c'est qu'au lieu de présenter l'identification d'un document qui atteste le lieu (diocèse) de son ordination avec le nom de son évêque, ces mêmes informations doivent faire partie de son profil d'internaute. Personnellement si l'internaute m'écrit qu'il est prêtre en refusant de fournir ces informations, je refuse de croire qu'il est prêtre et je mets les autres internautes en garde. Qu'en pensent Jean-Claude et les internautes en général, car votre opinion est très importante?

En terminant j'écris qu' il y a beaucoup d'insécurité qui se vit ici et là à travers notre monde et je pense que qui que nous soyons, il est bien et tout à fait normal que nous nous présentions quand nous arrivons dans un endroit où nous sommes reconnus comme des inconnus, afin d'établir un climat de confiance entre nous et les personnes que nous visitons.