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Ceux et celles qui prennent souvent l’avion savent qu’il est parfois nécessaire de prier en ces termes: «Seigneur, donne-moi un bon voisin ou une bonne voisine pour un voyage agréable.» Cela vaut la peine surtout quand le voyage est long. Mon voisin européen du dernier vol, Tananarive (Madagascar) – Paris Charles de Gaulle, m’a engagé dans un débat inattendu. Tout est parti d’une question insinuante: «Pourquoi les Africains prétendent-ils que l’hospitalité est une valeur africaine?» Je lui ai répondu que l’hospitalité est vraiment africaine parce que par définition, l’Africain est celui qui donne, reçoit et accueille. Le simple fait de saluer, même des personnes inconnues, en est une preuve palpable. Puis il a enchéri: «Peuvent-ils encore s’approprier de l’hospitalité après les tristes événements qui ont récemment secoué ces pays: Rwanda, Burundi, RDCongo, Côte d’Ivoire, Tchad, Zimbabwe, Kenya, Afrique du sud?»
Selon mon inconnu voisin, l’hospitalité étant une valeur universelle, les Africains sont dans l’erreur en la considérant comme une valeur typiquement africaine! En vain je me suis époumoné de le convaincre en l’invitant à plus écouter les témoignages des touristes plutôt qu’à suivre des médias qui n’offrent que le sensationnel ou le mal du continent africain. Finalement il était content quand je lui ai partiellement donné raison. Vue sous l’angle politicien, l’hospitalité n’existe plus dans plusieurs pays africains. Il suffit de relire attentivement les tristes événements auxquels nous faisons allusion pour s’en convaincre. Par ailleurs, le mauvais traitement infligé à certains réfugiés, victimes des guerres d'indépendances ou de la lutte pour la démocratie, montre combien les Africains ont perdu le sens de l’hospitalité traditionnelle. L’accueil paisible de l’étranger tend à disparaître.
Et pourquoi des conflits internes, entre les peuples d’une même nation? A observer de plus près ce qui s’est passé ou se passe encore dans des pays cités ci-haut, je me dis que ce sont des intérêts politiciens qui détruisent l’hospitalité africaine. Il n’est pas facile de comprendre ce pourquoi les ethnies s’opposent aujourd’hui alors que, traditionnellement, elles savaient nouer entre elles des liens forts par le mariage et par tant d’autres coutumes d’alliance! Face à ces conflits fratricides, il serait vraiment naïf de prôner la miséricorde entre les peuples divisés. Ne faudrait-il pas s’attaquer d’abord au mal profond qu’est le démon du pouvoir qui ronge la société africaine? (ayaas)


