vendredi, avril 27, 2007

Vrai ou faux prêtre

(Article par Jean Claude - Photo ayaas) - visitez ayaas' website

Comment peut-on distinguer le vrai du faux prêtre? Je pars d'un fait vécu. J'avais effectué un voyage de tourisme quelque part pour assouvir ma curiosité intellectuelle. J'étais logé dans un modeste hôtel où je partageais une chambre avec un ami. Le soir nous étions au salon de l'hôtel avec d'autres clients pour suivre les infos devant la télévision commune.

Nous fûmes connaissance avec un homme, notre voisin de chambre, qui avait refusé catégoriquement de nous dire sa vraie identité. Il nous a dit: «Je réponds au nom de monsieur X, je suis chercheur» sans une autre explication. Même dans ces propos, rien n'accusait ce qu'il était. Nous le découvrirons le lendemain au cours d'une célébration eucharistique qu'il avait concélébrée. Au sortir de la messe, nous nous posâmes une question: pourquoi cet homme ne s'était-il pas présenté comme prêtre?

L'ayant croisé le soir, nous le saluons tout poliment: bonsoir mon père! Surpris de cette salutation inattendue, il nous rétorque: Qui vous a dit que je suis prêtre? Oubliant que nous avons participé à la messe du matin. C'est après les explications qu'il a enfin accepté son état de vie, tout en nous demandant de l'appeler simplement par son prénom, car nous disait-il, il n'aime pas trop de formules de politesse.

Je me demande pourquoi avait-il refusé de nous dire qu'il était prêtre et refusé qu'il soit désigné par son statut? Faudrait-il revenir à la belle époque d'avant Vatican II pour l'identifier directement? Peut-être aussi qu'il avait des besognes impropres à accomplir, ou encore avait-il une mauvaise presse, se reprochait-il de quelque chose? A-t-il peur d'être traité injustement? Autant de questions me sont passées par la tête. A travers son attitude, puis-je hâtivement conclure qu'il est un faux prêtre ou dois-je le juger à partir de son ministère?

En ma connaissance je sais que la prêtrise n'est pas un métier mais un état de vie. C'est comme un médecin à qui l'on demande de se présenter, il dira spontanément je suis médecin, d'autres fonctions viendraient après. C'est cet état qui fait sa personne. Aussi, je le pense, quand on est prêtre, un serviteur de Dieu de surcroît, on doit en principe être fier de le dire. A supposer qu'il ait un malade qui a besoin d'un prêtre pour la confession, pour l'exhortation ou pour un sacrement. Ce prêtre va-t-il le lui administrer? Acceptera-t-il de le voir mourir au bénéfice de sa réticence?

La sécularisation de l'église et la désacralisation du monde, ont tendance à nous égarer de nos bonnes valeurs (les signes distinctifs pour les religieux). A ce niveau les religieuses sont quittes. Nous devons y réfléchir! Les enfants ont même perdu l'habillement habituel du prêtre. Un enfant qui appelle un religieux habillé en soutane papa (entendez ici père de famille), il ignore que ce sont des prêtres qui s'habillent de la sorte. La faute ne lui revient pas, car il ne voit presque plus les religieux en soutane. Le monde est dans la confusion totale.

Que des prêtres ne voyons-nous pas dans des lieux indignes de leurs rangs? Dans lesaffaires déshonorantes? C'est une interpellation pour les prêtres à une prise de conscience sérieuse. Prêtre, vous êtes un autre christ dans ce monde en mutation des valeurs. Imaginez-vous si Jésus pouvait être là, combien de gens ne chercheront-ils à le rencontrer. Et celui qui le représente, qui agit en son nom pendant l'Eucharistie, se réserve d'être connu! C'est paradoxal. (Jean Claude)

mercredi, avril 04, 2007

Religieux(se) et sa famille

(Article par Billy - Photo: Bananiers Kenya)
Je voudrais vous proposer un échange sur la relation entre le(la) religieux(se) et sa famille. Une personne qui quitte sa famille biologique pour s’engager dans une famille religieuse par les vœux de religion, comment doit-elle vivre désormais sa relation avec ceux et celles qu’elle a quittés?

Il me semble que c’est un domaine où chacun trouve un peu sa manière de faire, son style. Cela n’est pas sans provoquer des incompréhensions, tensions et malentendus de part et d’autre. Pour certains, c’est une croix, un calvaire et pour d’autres c’est une bénédiction. N’ayant pas toujours d’instructions claires et de manières de faire uniformes, cela joue quelque part sur l’identité religieuse de la personne (d’un côté il y a son appartenance à une famille religieuse et de l’autre, il y a sa famille biologique), surtout en Afrique. C’est pourquoi je voulais qu’on partage un peu sur le sujet. C’est aussi un défi pour l’inculturation de la vie religieuse en Afrique compte tenu de notre contexte socio-économique. Le concret de ces relations pose des questions: dans les maladies, la mort, les mariages,…

Que l’on soit religieux ou pas, on est concerné de près ou de loin par la question parce qu’on a un ami, un membre de famille, une connaissance pour qui ce n’est toujours pas facile d’allier les deux aspects.

Finalement, la question qui pourrait lancer les échanges serait celle-ci: comment le(la) religieux(se) doit-il(elle) vivre sa relation à sa famille pour qu’elle ne soit pas une source de tension, de confusion et qu’elle aide le(la) religieux(se) à s’épanouir dans sa vocation?

En ce qui me concerne, ma perception est que le contexte socio-économique joue beaucoup dans la manière de comprendre la vocation religieuse d’une personne. Et donc, dès le départ, il ne faut pas qu’il y ait ambiguïté sur les intentions. C’est en grande partie au religieux qu’il incombe de bien expliquer sa vocation et ses implications surtout ce que cela suppose dans les relations. De mon expérience, cela se passe plutôt bien et ma famille est une source d’encouragement dans ma vocation à aller de l’avant. Merci d’avance pour vos réactions. = (Billy) =