(Article par Lydia - Photo Malenge) Une jeune femme de mon peuple se rendait un jour à son village d’origine pour faire connaissance avec certains membres de sa famille qu’elle n’avait jamais vus ni connus. Née à Brazzaville, elle n’avait jamais été au village. Elle demanda au chauffeur de la faire descendre au village appelé Miyamba. Ce fut un long voyage en autobus. Vers minuit, dans l’obscurité du village, elle eut peur parce qu’elle ne trouva personne pour lui indiquer la direction à suivre. Pensant à sa famille, elle eut tout à coup l’intuition d’invoquer l'aide d'un de ses grands-parents décédés quand elle était enfant.
Soudain elle entendit un bruit. C’était les pas de quelqu’un qui venait vers elle. Sa peur augmenta de plus en plus. Arrivé proche d’elle, l’homme lui demanda: que fais-tu là à cette heure de la nuit? Elle répondit: je voudrais me rendre chez mon oncle Jean. Il répliqua: Jean de la famille Sambou? Oui, répondit la femme. L’homme lui dit: allons-y, c’est là où je vais. Arrivés à la maison de l’oncle Jean, l’homme dit à la femme: c’est ici, va frapper à la porte. Pendant qu’elle frappait, l’inconnue disparut! Son oncle s’étonna de voir sa nièce seule à pareilles heures, elle qui n’avait jamais mis les pieds au village. Puis il lui demanda: qui t’a indiqué ma maison? Elle répondit: j’ai invoqué le grand-père Malonga, et il est venu m’accompagner. Elle ajouta: oncle, maintenant je crois que nos ancêtres ne sont pas morts. Ils sont vivants parmi nous et ils veillent sur nous.
Par ce récit, je voudrais tenter de réfléchir sur «l’Africain face à la croyance ancestrale». D’une manière générale, l’Africaine ou l’Africain ne nie pas la croyance aux ancêtres. Personnellement, j’y crois parce que mes parents m’ont transmis cette culture et cette tradition dès le bas âge. En me racontant des histoires fascinantes concernant mes grands-parents, ils m’ont appris que les ancêtres sont bons, ils ont bien vécu sur la terre, ils sont parmi nous et ils protègent notre famille. Dès lors, je les invoque quand je me trouve devant une difficulté quelconque. Et dans la plupart des cas, la situation s’améliore.
Il ne s’agit pas d’une fiction mais plutôt d’une croyance enracinée au-dedans de moi-même. J’entends par ancêtre, l’homme défunt ou la femme défunte qui, par sa vie, son travail, ses conseils, a édifié de façon inoubliable sa famille. Monseigneur Watio le dit mieux: «Les ancêtres vivent dans le grand et beau village, dans la joie, la paix et le bonheur». Ce village, poursuit-il, «est fermé à ceux qui n’ont pas participé au développement du village terrestre par un égoïsme manifeste, par des actes néfastes à la vie en société». Ainsi, le témoignage de vie de nos ancêtres m’interpelle. Il m’invite à bien vivre sur cette terre pour qu’un jour je sois à mon tour une bonne ancêtre. Ce n’est pas n’importe qui peut être ancêtre, mais celui ou celle qui a une vie exemplaire, qui pose des bons actes pour le bien de tous.
Le défi pour nous aujourd’hui, c’est de bien vivre dans ce monde qui passe. Cela ne s’oppose nullement à la doctrine chrétienne. En effet, les ancêtres avaient un cœur aimant. Ils ont aimé la terre qu’ils avaient reçue de Dieu Créateur; ils ont aimé les traditions, les us et coutumes, la culture africaine; ils ont aimé leurs familles jusqu’à les protéger contre les forces du mal. Ma conviction est que la croyance aux ancêtres aide les Africains à être en communion vitale avec ceux et celles qui se trouvent près de Dieu.
Toutefois, je me pose plusieurs questions. Est-il raisonnable de croire à l’existence des ancêtres? Ont-ils réellement un pouvoir sur nous? Y’a-t-il des Africains qui n’y croient pas? Et pourquoi? Merci d’avance pour vos réactions qui aideront à élucider cette croyance africaine. =(Lydia)=
Soudain elle entendit un bruit. C’était les pas de quelqu’un qui venait vers elle. Sa peur augmenta de plus en plus. Arrivé proche d’elle, l’homme lui demanda: que fais-tu là à cette heure de la nuit? Elle répondit: je voudrais me rendre chez mon oncle Jean. Il répliqua: Jean de la famille Sambou? Oui, répondit la femme. L’homme lui dit: allons-y, c’est là où je vais. Arrivés à la maison de l’oncle Jean, l’homme dit à la femme: c’est ici, va frapper à la porte. Pendant qu’elle frappait, l’inconnue disparut! Son oncle s’étonna de voir sa nièce seule à pareilles heures, elle qui n’avait jamais mis les pieds au village. Puis il lui demanda: qui t’a indiqué ma maison? Elle répondit: j’ai invoqué le grand-père Malonga, et il est venu m’accompagner. Elle ajouta: oncle, maintenant je crois que nos ancêtres ne sont pas morts. Ils sont vivants parmi nous et ils veillent sur nous.
Par ce récit, je voudrais tenter de réfléchir sur «l’Africain face à la croyance ancestrale». D’une manière générale, l’Africaine ou l’Africain ne nie pas la croyance aux ancêtres. Personnellement, j’y crois parce que mes parents m’ont transmis cette culture et cette tradition dès le bas âge. En me racontant des histoires fascinantes concernant mes grands-parents, ils m’ont appris que les ancêtres sont bons, ils ont bien vécu sur la terre, ils sont parmi nous et ils protègent notre famille. Dès lors, je les invoque quand je me trouve devant une difficulté quelconque. Et dans la plupart des cas, la situation s’améliore.
Il ne s’agit pas d’une fiction mais plutôt d’une croyance enracinée au-dedans de moi-même. J’entends par ancêtre, l’homme défunt ou la femme défunte qui, par sa vie, son travail, ses conseils, a édifié de façon inoubliable sa famille. Monseigneur Watio le dit mieux: «Les ancêtres vivent dans le grand et beau village, dans la joie, la paix et le bonheur». Ce village, poursuit-il, «est fermé à ceux qui n’ont pas participé au développement du village terrestre par un égoïsme manifeste, par des actes néfastes à la vie en société». Ainsi, le témoignage de vie de nos ancêtres m’interpelle. Il m’invite à bien vivre sur cette terre pour qu’un jour je sois à mon tour une bonne ancêtre. Ce n’est pas n’importe qui peut être ancêtre, mais celui ou celle qui a une vie exemplaire, qui pose des bons actes pour le bien de tous.
Le défi pour nous aujourd’hui, c’est de bien vivre dans ce monde qui passe. Cela ne s’oppose nullement à la doctrine chrétienne. En effet, les ancêtres avaient un cœur aimant. Ils ont aimé la terre qu’ils avaient reçue de Dieu Créateur; ils ont aimé les traditions, les us et coutumes, la culture africaine; ils ont aimé leurs familles jusqu’à les protéger contre les forces du mal. Ma conviction est que la croyance aux ancêtres aide les Africains à être en communion vitale avec ceux et celles qui se trouvent près de Dieu.
Toutefois, je me pose plusieurs questions. Est-il raisonnable de croire à l’existence des ancêtres? Ont-ils réellement un pouvoir sur nous? Y’a-t-il des Africains qui n’y croient pas? Et pourquoi? Merci d’avance pour vos réactions qui aideront à élucider cette croyance africaine. =(Lydia)=