La famille "africaine" constituerait-elle un obstacle à l'épanouissement de bon nombre de personnes qui s'engagent librement dans la vie consacrée ou dans la profession des conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance? Un jeune africain réfléchit ainsi sur le sens de la “Messe de Prémices” de nouveaux prêtres: “Pour les parents, les amis, les connaissances, la famille étendue, le clan, le village, la tribu, etc., c'est d'abord l'honneur (...) Alors des rêves, grands ou petits, sont au rendez-vous. Pour qui a une maison inachevée en durable, le maçon est arrivé. J'ai des projets d'études, le donateur de Bourses s'est rendu visible. Je suis une vieille femme, il ne me sera plus difficile d'obtenir un grain de sel (...) Dès le lendemain de la fête, on frappe à la porte du nouveau prêtre. On s'est endetté, il faut rembourser. On n'a plus rien pour envoyer des enfants à l'école. Le prêtre, en chef coutumier, doit régler les palabres personnelles, familiales, claniques et même tribales (...) Combien de temps cela durera encore?”
Si telle est la réalité vécue dans la conscience des religieux africains, n'avons-nous pas intérêt à nous interroger sur les motivations réelles et le profil du religieux africain d'aujourd'hui? Sait-il harmoniser l'Évangile, le charisme et la mentalité africaine? Autant de questions qu'on peut se poser et qu'on se pose effectivement. Qu'en penses-tu?